Comment le livre numérique réinvente-t-il le manuel scolaire


Les ressources numériques d’enseignement et d’apprentissage en situation peuvent être de deux types:

  • Des ressources d’exposition qui présentent des documents composés de texte, d’images fixes ou animées, le manuel numérique permettant de visualiser collectivement ou individuellement des objets d’apprentissage…
  • Des ressources d’interaction qui permettent de les manipuler. La coopération des élèves qui peuvent agir sur les ressources est ainsi facilité.

Le manuel numérique, qui peut être relié au TBI (Tableau Blanc Interactif) nous offre des fonctions qui permettent d’agir sur les ressources (annotation, capture, transformation…). Nous pouvons noter toutes les potentialités du TBI qui offre une large surface de projection visible par tous et sur laquelle chacun peut intervenir. Cela permet de placer toute la classe devant une situation d’apprentissage, en étant sûr que tous les élèves visualisent exactement la même chose, et avec une attention particulière certainement plus forte que devant un manuel ou une photocopie. Cela permet de développer de nombreuses possibilité de travaux en commun et une médiation cognitive comme je l’indiquais dans l’un de mes articles. Le manuel numérique peut intégrer une partie « recherche » et une « visualisation » des résultats des élèves. Les différentes réponses obtenues peuvent devenir des « objets » d’étude à analyser ensemble ou par groupes. Les échanges entre les élèves permettent la verbalisation des procédures utilisées ce qui est propice à la métacognition qui est une activité mentale leur permettant de percevoir et de mieux comprendre comment ils apprennent. C’est par la médiation cognitive que l’enseignant donne à l’élève les moyens d’apprendre et donc les clés pour sa réussite scolaire (Barth, 1993). Le traitement des réponses des élèves d’une classe est ainsi facilité, ainsi que les travaux différenciés. L’enseignant peut développer des parcours personnalisés ou alors prévoir des travaux de groupe pour trouver ensemble un consensus, une critique des erreurs.

Comme pour les TBI, les nouveaux manuels scolaires peuvent garder des traces des réponses des élèves et sont des supports de cours et de mémoire au processus d’apprentissage. Comme le précise Frédéric Kaplan : « Certes, un livre papier propose déjà de manière implicite diverses formes d’interactivité – lecture immersive, feuilletage, etc. – mais en devenant application sur l’écran d’une tablette, d’un ordinateur ou d’un téléphone, il peut désormais intégrer la définition de son interactivité au sein de sa propre structure. Il cesse ainsi d’être un document inerte pour devenir une véritable machine. »

Extrait de Manuels scolaires et albums augmentés, enjeux et perspectives pour une pédagogie du 21e siècle de Michèle Drechsler dans la coll. Comprendre le livre numérique (Éd. Numeriklivres, 2011). 

TÉLÉCHARGEZ LE TEXTE INTÉGRAL

Un commentaire sur “Comment le livre numérique réinvente-t-il le manuel scolaire

  1. L’union soviétique aurait aimé le TBI dans la présentation qui en est faite ici
    notamment dans
    « Cela permet de placer toute la classe devant une situation d’apprentissage, en étant sûr que tous les élèves visualisent exactement la même chose, et avec une attention particulière certainement plus forte que devant un manuel ou une photocopie. »

    Au-delà de cette boutade
    Le document inerte suscite l’activité par les espace qu’il crée
    (pour peut qu’on ait appris à les parcourir par la pensée)
    le document dynamique impose ses choix ses noeuds ses liens

    Où est alors l’intelligence
    cette capacité à créer et non à choisir des liens.

    Ceux qui ont appris avec le livre traditionnel
    ne peuvent absolument pas prévoir de quoi ils privent
    ceux qu’ils destinent à un livre contenant des interactions choisies.

    Une certaine prudence s’impose donc dans nos appréciation et enthousiasmes

    Ceux qui pourront juger objectivement de ces outils sont ceux qui auront très peu connu les « anciens supports et outils » (j’utilise quotidiennement l’excellent manuel de mathématiques Sesamath avec un vidéo projecteur … mais sans dépendre pour la trace au tableau du virtuel – les élèves adorent écrire sur une trace mécanique/virtuelle avec une écriture réelle)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s